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mercredi, 23 mai 2007

Les deux jardiniers

Les deux jardiniers

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Deux frères jardiniers avaient par héritage

Un jardin dont chacun cultivait la moitié ;

Liés d'une étroite amitié,

Ensemble ils faisaient leur ménage.

L'un d'eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur,

Se croyait un très grand docteur ;

Et Monsieur Jean passait sa vie

A lire l'almanach, à regarder le temps

Et la girouette et les vents.

Bientôt, donnant l'essor à son rare génie,

Il voulut découvrir comment d'un pois tout seul

Des milliers de pois peuvent sortir si vite ;

Pourquoi la graine du tilleul,

Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite

Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ;

Enfin par quel secret mystère

Cette fève qu'on seme au hasard sur la terre

Sait se retourner dans son sein,

Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige.

Tandis qu'il rêve et qu'il s'afflige

De ne point pénétrer ces importants secrets,

Il n'arrose point son marais ;

Ses épinards et sa laitue

Sechent sur pied ; le vent du nord lui tue

Ses figuiers qu'il ne couvre pas.

Point de fruits au marché, point d'argent dans la bourse ;

Et le pauvre docteur, avec ses almanachs,

N'a que son frère pour ressource.

Celui-ci, dès le grand matin,

Travaillait en chantant quelque joyeux refrain,

Béchait, arrosait tout du pêcher à l'oseille.

Sur ce qu'il ignorait sans vouloir discourir,

Il semait bonnement pour pouvoir recueillir.

Aussi dans son terrain tout venait à merveille ;

Il avait des écus, des fruits et du plaisir.

Ce fut lui qui nourrit son frère ;

Et quand Monsieur Jean tout surpris

S'en vint lui demander comment il savait faire :

Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère :

Je travaille, et tu réfléchis ;

Lequel rapporte davantage ?

Tu te tourmentes, je jouis ;

Qui de nous deux est le plus sage ?~

~

Jean Pierre Claris de Florian

23:46 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note

mardi, 22 mai 2007

Quatre murs et un toit

Quatre murs et un toit

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Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future.

On s'endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre,

et celui de nos enfants corrige la femme enceinte.

Les travaux sont finis, du moins le gros oeuvre,

ça sent le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

 

Le plâtre et l'enduit et la poussière toute neuve.

 

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond,

le bébé est né, il joue dans le salon.

On ajoute à l'étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l'automne.

Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

 

On pourra y faire un jour une cabane.

 

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant,

on remplit sans se douter le grenier doucement.

Le grand habite le garage pour être indépendant,

la cabane, c'est dommage, est à l'abandon.

Monsieur rêverait de creuser une cave à vins,

Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

 

Ça sera une deuxième salle de bain.

 

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale,

ça devient un hôtel la maison familiale.

On a fait un bureau dans la p'tite pièce d'en haut,

et des chambres d'amis, les enfants sont partis.

Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment,

petit à petit,vêtement par vêtement.

 

Petit à petit, vêtement par vêtement.

 

Ils habitent à Paris des apparts sans espace,

alors qu'ici il y'a trop de place.

On va poser tu sais des stores électriques,

c'est un peu laid c'est vrai, mais c'est plus pratique.

La maison somnole comme un chat fatigué,

dans son ventre ronronne la machine à laver.

 

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

 

Les petits enfants espérés apparaissent,

dans le frigo, on remet des glaces.

La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse,

c'est le consulat que rouvrent les gosses.

Le grenier sans bataille livre ses trésors,

ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs,

qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise,

quatre murs et un toit.

Cette maison est en vente comme vous le savez,

je suis, je me présente, agent immobilier.

Je dois vous prévenir si vous voulez l'acheter,

je préfère vous le dire cette maison est hantée.

Ne souriez pas Monsieur, n'ayez crainte Madame,

c'est hanté c'est vrai mais de gentils fantômes.

De monstres et de dragons que les gamins savent voir,

de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures,

"finis tes devoirs", "il est trop lourd mon cartable",

"laisse tranquille ton frère", "les enfants : à table !".

~~

Bénabar

 

"Voir petite vidéo dans ma colonne de droite" ...> >

et bonne soirée

18:45 Publié dans Paroles | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

samedi, 19 mai 2007

Vos enfants

Vos enfants ne sont pas vos enfants.

Ils sont les fils et les filles

de l'appel de la Vie à elle-même,

Ils viennent à travers vous mais non de vous.

Et, bien qu'ils soient avec vous,

ils ne vous appartiennent pas.

 

Vous pouvez leur donner votre amour

Mais non point vos pensées,

Car ils ont leurs propres pensées.

Vous pouvez accueillir leurs corps

Mais pas leurs âmes,

Car leurs âmes habitent la maison de demain,

Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.

Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,

Mais ne tentez pas de les faire comme vous.

Car la vie ne va pas en arrière,

Ni ne s'attarde avec hier.

 

Vous êtes les arcs par qui vos enfants,

Comme des flèches vivantes, sont projetés.

L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini,

Et

Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches

Puissent voler vite et loin.

Que votre tension par la main de l'Archer

soit pour la joie

Car, de même qu'il aime la flèche qui vole,

Il aime l'arc qui est stable.

~

Khalil Gibran

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mercredi, 16 mai 2007

Ma liberté de penser

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(Florent Pagny)

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Ma liberté de penser

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Quitte à tout prendre prenez mes gosses et la tele,

Ma brosse a dent mon revolver la voiture sa c’est déjà fait,

Avec les interdits bancaires prenez ma femme le canapé,

Le micro onde, le frigidaire,

Et même jusqu'à ma vie priver

De toute façon a découvert, je peut bien vendre mon âme aux diable,

Avec lui on peut s’arranger,

Puisque ici tout est négociable, mais vous n’aurez pas,

Ma liberté de penser.

 

Prenez mon lit, les disques d’or, ma bonne humeur,

Les petites cuillères, tout ce qu’a vos yeux a de la valeur,

Et dont je n’est plus rien a faire, quitte a tout prendre n’oublier pas,

Le shit planquer sous l’étagère,

Tous ce qui est beau et conte pour moi, préfère que sa parte a l’abbé Pierre,

Je peux donner mon corps à la science,

Si y’a quelque chose a prélever,

Et que sa vous donne bonnes conscience, mais vous n’aurez pas,

Ma liberté de penser.

 

Ma liberté de penser.

 

Je peux vider mes poches sur la table,

Sa fait longtemps qu’elles sont trouées,

Baisser mon froc j’en suis capable, mais vous n’aurez pas,

Ma liberté de penser.

 

Quitte à tout prendre et tout solder,

Pour que vos petites affaires s’arrangent,

Je prend juste mon pyjama rayer, et je vous fait cadeaux des oranges,

Vous pouvez même bien tout garder,

J’emporterai rien en enfer,

Quitte à tout prendre je préfère y aller,

Si le paradis vous est offert,

Je peux bien vendre mon âme au diable,

Avec lui on peut s’arranger,

Puisque ici tout est négociable, mais vous n’aurez pas,

Non vous n’aurez pas,

Ma liberté de penser.

 

 

Ma liberté de penser.

...

14:44 Publié dans Paroles | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

vendredi, 11 mai 2007

Maintenant Je sais

 

medium_Gabin_acteur.jpg

Maintenant je sais

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Quand j'étais gosse, haut comme trois pommes,

J'parlais bien fort pour être un homme

J'disais, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS, JE SAIS

 

C'était l'début, c'était l'printemps

Mais quand j'ai eu mes 18 ans

J'ai dit, JE SAIS, ça y est, cette fois JE SAIS

 

Et aujourd'hui, les jours où je m'retourne

J'regarde la terre où j'ai quand même fait les 100 pas

Et je n'sais toujours pas comment elle tourne !

 

Vers 25 ans, j'savais tout : l'amour, les roses, la vie, les sous

Tiens oui l'amour ! J'en avais fait tout le tour !

 

Et heureusement, comme les copains, j'avais pas mangé tout mon pain :

Au milieu de ma vie, j'ai encore appris.

C'que j'ai appris, ça tient en trois, quatre mots :

 

"Le jour où quelqu'un vous aime, il fait très beau,

j'peux pas mieux dire, il fait très beau !

 

C'est encore ce qui m'étonne dans la vie,

Moi qui suis à l'automne de ma vie

On oublie tant de soirs de tristesse

Mais jamais un matin de tendresse !

 

Toute ma jeunesse, j'ai voulu dire JE SAIS

Seulement, plus je cherchais, et puis moins j' savais

 

Il y a 60 coups qui ont sonné à l'horloge

Je suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j'm'interroge ?

 

Maintenant JE SAIS, JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS !

 

La vie, l'amour, l'argent, les amis et les roses

On ne sait jamais le bruit ni la couleur des choses

C'est tout c'que j'sais ! Mais ça, j'le SAIS... !

~

Jean Gabin

15:42 Publié dans Paroles | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note

mercredi, 02 mai 2007

Le mois de Mai est le mois de Marie

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Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.

Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.

Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là.

Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.

Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,

La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées,

Parce que vous m'avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,

Parce qu'elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,

Parce qu'à l'heure où tout craquait, c'est alors que vous êtes intervenue,

Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,

Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,

parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie, simplement parce que vous existez,

Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !

Paul Claudel

(extrait de "La Vierge à midi", Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915

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