mardi, 08 avril 2008
Souvenirs des Flandres
Souvenir des Flandres
J'ai goûté sur la dune où Dante a dû passer
Les couchants langoureux des pensives Zélandes ;
Les clochers regardaient de la digue et des landes,
Bruges, sur ton canal les bélandres glisser.
Villes, vos monuments, églises et musées,
Renaissent en mon âme. Ô Flandres, je revois
Vos chefs-d'œuvre debout, et d'eux monte une voix
Qui dit : " Nous renaîtrons, nous les pierres brisées. "
Qui dit : " Nous reviendrons, nous livres et tableaux
Nous autels, nous joyaux, et nous L'AGNEAU MYSTIQUE,
Nous Châsse de Memlinc, cet éternel cantique,
Et nous ces fins d'été qui saignent dans les flots
Nous renaîtrons : corons, hospices, béguinages,
Beffrois et carillons, négoces opulents.
Qu'importe le Malheur ! Sur les canaux dolents
Comme des cygnes vont les misères des âges.
Leur sillage s'efface aussitôt. Les destins
Rient dans les moissons d'or et dam le sein des mères.
Nous renaîtrons aussi, nous fêtes populaires,
Kermesses, Carrousels. " - Ô fraîcheur des matins
Tendresse des longs soirs alanguis dans les Flandres,
Grands ports que chaque nuit colorent les fanaux,
Je me souviens de vous, eaux vertes des canaux
Où glissent lentement les pensives bélandres.
L'ANÉMONE a fleuri dans le nom d'Archangel
Quand les anges pleuraient d'avoir des engelures,
Et le nom de Florence a soupiré conclure
Les serments en vertige aux degrés de l'échelle.
Des voix blanches chantant dans le nom d'Archangel
Ont modulé souvent des nénies de Florence
Dont les fleurs, en retour, plaquaient de lourdes transes
Les plafonds et les murs qui suintent au dégel.
Ô Florence ! Archangel !
L'une : baie de laurier, mais l'autre : herbe angélique,
Des femmes, tour à tour, se penchent aux margelles
Et comblent le puits noir de fleurs et de reliques,
De reliques d'archange et de fleurs d'Archangel !
Guillaume Apollinaire
12:19 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 04 avril 2008
Homage à Michel de Notre Dame
NOSTRADAMUS
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Né à St Rémy de Provence en 1503,
mort à Salon en 1566.
Astrologue et Médecin de Charles IX,
il est resté célèbre
par "son recueil de prédictions :
les Centuries"
écrites
vers 1555 dont la dernière date en clair concerne : 1999 !
~~~
Un grand voyant du monde est né au Moyen Age
Il s'est fait tout petit pour instruire les nations
Et nous donner à tous, son savoir en partage
Malgré les jugements de la grande Inquisition.
Comme la Sibylle de Delphes, il veut nous mettre en garde
Dans un élan d'amour, il lève un coin du voile.
A nous de découvrir tout ce qui nous regarde :
Notre vie, notre mort... inscrite dans les étoiles !
Certes il n'est pas facile d'accéder au suprême,
D'entrer dans les rayons d'un astre qui nous appelle,
Pendant que nos racines s'enroulent et nous enferment,
Nous risquons d'oublier que nous avons des ailes ! "
Fallait-il que tu aimes toute notre humanité
Pour lui donner l'espoir de voir un changement,
Quand la plupart des hommes vivent dans l'obscurité,
Tu montres le chemin d'un autre firmament.
Comme le soleil se lève et se couche chaque soir,
Comme une fleur s'éveille et se fanera demain,
Tu façonnes dans ton coeur la chaleur du savoir
Et comme une nourriture tu la mets dans nos mains.
Tu as su recevoir Cath(e)rine et ses enfants
Et les Grands Rois LOUIS sont venus voir ta tombe
Te rendant un hommage réservé aux plus grands,
Dans un jardin fleuri où chantent les colombes.
Michel, toi qui connaît déjà notre destin
Et qui attend là-haut, assis dans les nuages,
Que la Terre des humains se réveille demain,
Pour que règne la Justice et un meilleur partage...
Alors tu prouveras que tu avais raison
En voyant "l'ère nouvelle" naître dans le Verseau,
Quand tous les hommes enfin oublieront leurs passions
Et comme de grands enfants... sortiront du berceau.
(Jean-Claude Brinette)
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mercredi, 19 mars 2008
Quand Matisse parle
Quand Matisse parle
Je défais de mes mains toutes les chevelures,
Le jour a les couleurs que lui donnent mes mains
Tout ce qu'enfle un soupir dans ma chambre est voilure
Et le rêve durable est mon regard demain
Toute fleur d'être nue est semblables aux captives
Qui font trembler les doigts par leur seule beauté
J'attends, je vois, je songe et le ciel qui dérive
Est simple devant moi comme une robe ôtée
J'explique sans les mots le pas qui fait la ronde,
J'explique le pied nu qu'a le vent effacé
J'explique le bonheur muet des plantes vertes
J'explique le silence étrange des maisons
J'explique infiniment l'ombre et la transparence
J'explique le toucher des femmes, leur éclat
J'explique un firmament d'objets par différence
J'explique le rapport des choses que voilà
J'explique le parfum des formes passagères
J'explique ce qui chanter le papier blanc
J'explique ce qui fait qu'une feuille est légère
Et les branches qui sont des bras un peu plus lents
Je rends à la lumière un tribut de justice
Immobile au milieu des malheurs de ce temps
Je peins l'espoir des yeux afin qu'Henri Matisse
Témoigne à l'avenir ce que l'homme en attend.
(Le Crève-Coeur)
(Louis Aragon)
Quelques oeuvres de H.Matisse:
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vendredi, 14 mars 2008
OCEANO NOX
Oceano Nox
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis ?
Combien ont disparu, dure et triste fortune ?
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfoui ?
Combien de patrons morts avec leurs équipages ?
L'ouragan de leur vie a pris toutes les pages
Et d'un souffle il a tout dispersé sur les flots !
Nul ne saura leur fin dans l'abîme plongée,
Chaque vague en passant d'un butin s'est chargée ;
L'une a saisi l'esquif, l'autre les matelots !
Nul ne sait votre sort, pauvres têtes perdues !
Vous roulez à travers les sombres étendues,
Heurtant de vos fronts morts des écueils inconnus
Oh ! que de vieux parents qui n'avaient plus qu'un rêve,
Sont morts en attendant tous les jours sur la grève
Ceux qui ne sont pas revenus !
On demande " Où sont-ils ? Sont-ils rois dans quelque île ?
Nous ont' ils délaissés pour un bord plus fertile ? "
Puis, votre souvenir même est enseveli.
Le corps se perd dans l'eau, le nom dans la mémoire.
Le temps qui sur toute ombre en verse une plus noire,
Sur le sombre océan jette le sombre oubli
On s'entretient de vous parfois dans les veillées,
Maint joyeux cercle, assis sur les ancres rouillées,
Mêle encore quelque temps vos noms d'ombre couverts,
Aux rires, aux refrains, aux récits d'aventures,
Aux baisers qu'on dérobe à vos belles futures
Tandis que vous dormez dans les goémons verts !
Bientôt des yeux de tous votre ombre est disparue.
L'un n'a-t-il pas sa barque et l'autre sa charrue ?
Seules, durant ces nuits où l'orage est vainqueur,
Vos veuves aux fronts blancs, lasses de vous attendre,
Parlent encore de vous en remuant la cendre
De leur foyer et de leur coeur !
Et quand la tombe enfin a fermé leur paupière,
Rien ne sait plus vos noms, pas même une humble pierre
Dans l'étroit cimetière où l'écho nous répond,
Pas même un saule vert qui s'effeuille à l'automne,
Pas même la chanson naïve et monotone
Que chante un mendiant à l'angle d'un vieux pont !
Où sont-ils, les marins sombrés dans les nuits noires ?
O flots ! que vous savez de lugubres histoires !
Flots profonds redoutés des mères à genoux !
Vous vous les racontez en montant les marées,
Et c'est ce qui vous fait ces voix désespérées
Que vous avez le soir, quand vous venez vers nous...
(Victor Hugo)
15:33 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
mardi, 11 mars 2008
L'eau a cette beauté...
Au plus profond de ses Molécules
L'Eau a cette Beauté rassurante
Qui fait que les noirs Démons reculent
Devant cette Eau calme qui enchante
Même lorsque ses Lèvres écument
Crachant violemment toute sa Haine
Même lorsque ses Entrailles fument
Vomissant la Chaleur de ses Peines
L'Eau sait réconforter sous son Sein
Avec un Calme si maternel
Les Pleurs des Enfants et des Lutins
Et leur offre des Baisers de Miel
Car l'Eau renferme dans ses Poumons
Un Souffle féminin déferlant
Depuis les Sommets de l'Élotion
Jusque dans les Arcanes du Temps.....
L'inconnue
14:45 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Dans l'eau
Elle rassemble en son Coeur
Une Beauté emplie de Contradictions
Car son Centre est le Point exact
Où se rencontrent
La Violence des Torrents
Et le Calme apaisant des Étangs
La Virilité de l'Océan
Et l'Ambiguïté féminine des Mers
La Chaleur des Geysers
Et le Froid tranchant des Banquises
Le Bleu Marine des Fonds océaniques
Et l'Azur de la Pluie
Aux Reflets prophétiques........
Inconnue
14:33 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
samedi, 01 mars 2008
Pour Mamita
L'Amitié
Ça fleurit comme une herbe sauvage
N'importe où, en prison, à l'école,
Tu la prends comme on prend la rougeole
Tu la prends comme on prend un virage
C'est plus fort que les liens de famille
Et c'est moins compliqué que l'amour
Et c'est là quand t'es rond comme une bille
Et c'est là quand tu cries au secours
C'est le seul carburant qu'on connaisse
Qui augmente à mesure qu'on l'emploie
Le vieillard y retrouve sa jeunesse
Et les jeunes en ont fait une loi.
C'est la banque de toutes les tendresses
C'est une arme pour tous les combats
Ça réchauffe et ça donne du courage
Et ça n'a qu'un slogan "on partage"
Au clair de l'amitié
Le ciel est plus beau
Viens boire à l'amitié
Mon ami Pierrot
L'amitié c'est un autre langage
Un regard et tu as tout compris
Et c'est comme S.O.S. dépannage
Tu peux téléphoner jour et nuit
L'amitié c'est le faux témoignage
Qui te sauve dans un tribunal
C'est le gars qui te tourne les pages
Quand t'es seul dans un lit d'hôpital
C'est la banque de toutes les tendresses
C'est une arme pour tous les combats
Ça réchauffe et ça donne du courage
Et ça n'a qu'un slogan : "on partage"
Au clair de l'amitié
Le ciel est plus beau
Viens boire à l'amitié
Mon ami Pierrot
~
Herbert Pagani.
09:55 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Pour Héraime
Je t'offre ce Whisky, ces fleurs et cette chanson de France Gall
bisous
Angelina
~~~~
Cézanne peint
Silence les grillons
Sur les branches immobiles
Les arbres font des rayons
Et des ombres subtiles
Silence dans la maison
Silence sur la colline
Ces parfums qu'on devine
C'est l'odeur de saison
Mais voilà l'homme
Sous son chapeau de paille
Des taches plein sa blouse
Et sa barbe en bataille
Cézanne peint
Il laisse s'accomplir la magie de ses mains
Cézanne peint
Et il éclaire le monde pour nos yeux qui n'voient rien
Si le bonheur existe
C'est une épreuve d'artiste
Cézanne le sait bien
Vibre la lumière
Chantez les couleurs
Il y met sa vie
Le bruit de son cœur
Et comme un bateau
Porté par sa voile
Doucement le pinceau
Glisse sur la toile
Et voilà l'homme
Qui croise avec ses yeux
Le temps d'un éclair
Le regard des dieux
Cézanne peint
Il laisse s'accomplir le prodige de ses mains
Cézanne peint
Et il éclaire le monde pour nos yeux qui n'voient rien
Si le bonheur existe
C'est une épreuve d'artiste
Cézanne le sait bien
Quand Cézanne peint
Cézanne peint...
France Gall
07:30 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 26 février 2008
Fidèles hirondelles
Fidèles hirondelles
~
Toi qui peux monter solitaire
Au ciel, sans gravir les sommets,
Et dans les vallons de la terre
Descendre et planer dans l'air,
~
Toi qui, sans te pencher au fleuve
Où nous ne puisons qu'à genoux
Peux aller boire, avant qu'il ne pleuve
Au nuage trop haut pour nous ;
~
Toi qui pars au déclin des roses
Et reviens au nid printanier,
Fidèle aux deux meilleures choses :
L'indépendance et le foyer.
~
Comme toi, mon âme s'élève
Et tout à coup rase le sol
Elle suit avec l'aile du rêve
Les beaux méandres de ton vol.
~
S'il lui faut aussi des voyages,
Il lui faut son nid chaque jour,
Elle a tes deux besoins sauvages :
Vivre libre dans l'intense amour.
~
Sully Prudhomme
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jeudi, 17 janvier 2008
La Panthère
La panthère noire
Une rose lueur s'épand par les nuées ;
L'horizon se dentelle, à l'Est, d'un vif éclair ;
Et le collier nocturne, en perles dénouées,
S'égrène et tombe dans la mer.
Toute une part du ciel se vêt de molles flammes
Qu'il agrafe à son faîte étincelant et bleu.
Un pan traîne et rougit l'émeraude des lames
D'une pluie aux gouttes de feu.
Des bambous éveillés où le vent bat des ailes,
Des letchis au fruit pourpre et des cannelliers
Pétille la rosée en gerbes d'étincelles,
Montent des bruits frais, par milliers.
Et des monts et des bois, des fleurs, des hautes mousses,
Dans l'air tiède et subtil, brusquement dilaté,
S'épanouit un flot d'odeurs fortes et douces,
Plein de fièvre et de volupté.
Par les sentiers perdus au creux des forêts vierges
Où l'herbe épaisse fume au soleil du matin ;
Le long des cours d'eau vive encaissés dans leurs berges,
Sous de verts arceaux de rotin ;
La reine de Java, la noire chasseresse,
Avec l'aube, revient au gîte où ses petits
Parmi les os luisants miaulent de détresse,
Les uns sous les autres blottis.
Inquiète, les yeux aigus comme des flèches,
Elle ondule, épiant l'ombre des rameaux lourds.
Quelques taches de sang, éparses, toutes fraîches,
Mouillent sa robe de velours.
Elle traîne après elle un reste de sa chasse,
Un quartier du beau cerf qu'elle a mangé la nuit ;
Et sur la mousse en fleur une effroyable trace
Rouge, et chaude encore, la suit.
Autour, les papillons et les fauves abeilles
Effleurent à l'envi son dos souple du vol ;
Les feuillages joyeux, de leurs mille corbeilles ;
Sur ses pas parfument le sol.
Le python, du milieu d'un cactus écarlate,
Déroule son écaille, et, curieux témoin,
Par-dessus les buissons dressant sa tête plate,
La regarde passer de loin.
Sous la haute fougère elle glisse en silence,
Parmi les troncs moussus s'enfonce et disparaît.
Les bruits cessent, l'air brûle, et la lumière immense
Endort le ciel et la forêt.
Charles-Marie LECONTE DE LISLE
13:15 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 14 janvier 2008
Le chat et le soleil
LE CHAT ET LE SOLEIL"Le chat ouvrit les yeux
Le soleil y entra.
Le chat ferma les yeux
Le soleil y resta.
Voilà pourquoi le soir,
Quand le chat se réveille,
J'aperçois dans le noir
Deux morceaux de soleil."
Maurice Carême
18:33 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
jeudi, 10 janvier 2008
ELEVATION
Élévation
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l'onde,
Tu sillonnes gaiement l'immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l'air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l'existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d'une aile vigoureuse
S'élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensers, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles Baudelaire.
12:20 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
mercredi, 09 janvier 2008
Nuit de neige
Nuit de NeigeLa grande plaine est blanche, immobile et sans voix.
Pas un bruit, pas un son ; toute vie est éteinte.
Mais on entend parfois, comme une morne plainte,
Quelque chien sans abri qui hurle au coin d'un bois.
Plus de chansons dans l'air, sous nos pieds plus de chaumes.
L'hiver s'est abattu sur toute floraison ;
Des arbres dépouillés dressent à l'horizon
Leurs squelettes blanchis ainsi que des fantômes.
La lune est large et pâle et semble se hâter.
On dirait qu'elle a froid dans le grand ciel austère.
De son morne regard elle parcourt la terre,
Et, voyant tout désert, s'empresse à nous quitter.
Et froids tombent sur nous les rayons qu'elle darde,
Fantastiques lueurs qu'elle s'en va semant ;
Et la neige s'éclaire au loin, sinistrement,
Aux étranges reflets de la clarté blafarde.
Oh ! la terrible nuit pour les petits oiseaux !
Un vent glacé frissonne et court par les allées ;
Eux, n'ayant plus l'asile ombragé des berceaux,
Ne peuvent pas dormir sur leurs pattes gelées.
Dans les grands arbres nus que couvre le verglas
Ils sont là, tout tremblants, sans rien qui les protège ;
De leur oeil inquiet ils regardent la neige,
Attendant jusqu'au jour la nuit qui ne vient pas.
Guy de Maupassant
16:35 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
jeudi, 29 novembre 2007
D'une fontaine de silence, Q'un froid stellaire étreind d'absence...
La Nuit Transfigurée
~~~
Ce flot de vent d'ombre et d'étoile
Au ciel immense qui se voile
Te fait trahir,
D'une lumière qui lointaine
Baigne tes songes de sirène
Et d'avenir,
Lueur de feu qui grève d'ombre
Tes yeux immenses qui font sombre
Dans les soleils,
D'une fontaine de silence
Qu'un froid stellaire étreint d'absence
Tes yeux vermeils.
Et la pâleur d'eau où se mire
Un soir étrange qui transpire
D' abolitions,
Jusqu' à penser à la paresse
Que dans un rêve de tristesse
Nous nous faisons,
Songe de nuit et d'amertume
Quand nous de nos ailes sans plume,
A parcourir
Ce feu d'étoile qui chancelle,
Nous cherchons la flamme nouvelle
Jusqu' à mourir. . .
Ce vent de feu qui monte vite
Et cette lèvre qui m'invite
A t'embrasser,
Dans un voyage dont j'avais
Prévu les chemins que tu sais
Ensorceler,
Ce soir étrange de sommeil
Qui nous conduit dans le soleil
D'ombre étoilée,
Nous ferons somme de langueur
Dans une vague de rumeur,
Transfigurée.
~
Bernard De l'Océan
19:21 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 03 novembre 2007
Le Merle
Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d'espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.
C'est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L'hymne d'avril en février
Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L'Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.
Lustrant son aile qu'il essuie,
L'oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.
Il gronde l'aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.
Théophile Gautier
23:25 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
Pour faire le portrait d'un oiseau
Peindre d'abord une cage
avec une porte ouverte
peindre ensuite
quelque chose de joli
quelque chose de simple
quelque chose de beau
quelque chose d'utile
pour l'oiseau
placer ensuite la toile contre un arbre
dans un jardin
dans un bois
ou dans une forêt
se cacher derrière l'arbre
sans rien dire
sans bouger...
Parfois l'oiseau arrive vite
mais il peut aussi bien mettre de longues années
avant de se décider
Ne pas se décourager
attendre
attendre s'il le faut pendant des années
... Quand l'oiseau arrive
s'il arrive
observer le plus profond silence
attendre que l'oiseau entre dans la cage
et quand il est entré
fermer doucement la porte avec le pinceau
puis
effacer un à un tous les barreaux
en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
Faire ensuite le portrait de l'arbre
en choisissant la plus belle de ses branches
pour l'oiseau
peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
la poussière du soleil
et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
Si l'oiseau ne chante pas
c'est mauvais signe
signe que le tableau est mauvais
mais s'il chante c'est bon signe
signe que vous pouvez signer
alors vous arrachez tout doucement
une des plumes de l'oiseau
et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.
Jacques Prévert
23:25 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
mardi, 23 octobre 2007
Chanson de la Seine
CHANSON DE LA SEINE
~
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et elle sort de sa source
Tout doucement, sans bruit, sans sortir de son lit
Et sans se faire de mousse
Elle s'en va vers la mer
En passant par Paris.
La Seine a de la chance
Elle n'a pas de souci
Et quand elle se promène
Tout au long de ses quais
Avec sa belle robe verte
et ses lumières dorées
Notre-Dame jalouse, immobile et sévère
De haut de toutes ses pierres
La regarde de travers
Mais la Seine s'en balance
Elle n'a pas de souci
Elle se la coule douce
Le jour comme la nuit
Et s'en va vers le Havre, et s'en va vers la mer
En passant comme un rêve
Au milieu des mystères
-
Jacques Prévert
23:15 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
vendredi, 12 octobre 2007
Chanson d'automne
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
~
Paul VERLAINE
18:08 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
jeudi, 11 octobre 2007
Ecoutez la chanson bien douce
Ecoutez la chanson bien douce
Qui ne pleure que pour vous plaire,
Elle est discrète, elle est légère :
Un frisson d'eau sur de la mousse !
La voix vous fut connue (et chère ?)
Mais à présent elle est voilée
Comme une veuve désolée,
Pourtant comme elle encore fière,
Et dans les longs plis de son voile,
Qui palpite aux brises d'automne.
Cache et montre au coeur qui s'étonne
La vérité comme une étoile.
Elle dit, la voix reconnue,
Que la bonté c'est notre vie,
Que de la haine et de l'envie
Rien ne reste, la mort venue.
Elle parle aussi de la gloire
D'être simple sans plus attendre,
Et de noces d'or et du tendre
Bonheur d'une paix sans victoire.
Accueillez la voix qui persiste
Dans son naïf épithalame.
Allez, rien n'est meilleur à l'âme
Que de faire une âme moins triste !
Elle est en peine et de passage,
L'âme qui souffre sans colère,
Et comme sa morale est claire !...
Ecoutez la chanson bien sage.
~
Paul VERLAINE
10:06 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
lundi, 03 septembre 2007
Il porte un oiseau dans son coeur,
Il porte un oiseau dans son cœur,
~
Il porte un oiseau dans son cœur,
L'enfant qui joue des heures, seul,
Avec des couronnes de fleurs
Sous l'ombre étoilée du tilleul.
Il semble toujours étranger
À ce qu'on fait, à ce qu'on dit
Et n'aime vraiment regarder
Que le vent calme du verger.
Autour de lui, riant d'échos,
Le monde est rond comme un cerceau.
~
Maurice Carême
19:37 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mercredi, 29 août 2007
Couleurs d'Automne
Couleurs d'Automne
~
Arbres remplis de fruits qu'en cette saison la nature
Nous donne généreusement !
Gaieté dans les vignes où les raisins bien mûrs
Sont cueillis en chantant.
Premiers brouillards et champignons cachés des bois
Nonnettes voilées, bolets bais...
Sous les noyers les enfants cherchent les dernières noix
Que le vent fait tomber.
Dans un grand champ un percheron retourne la terre
En fumant des nasaux
Pendant qu'une volée d'oiseaux se battent à l'arrière
Pour quelques vermisseaux !
De temps à autre, des aboiements cassent le silence
Mêlés de coups de feu ...
Cache-toi petite biche des chasseurs sans clémence,
Si tu veux vivre heureuse,
Dans les sous-bois colorés et les arbres chargés
D'or, de feu et d'argent.
Tes amis les cerfs se battent comme des enragés,
Pour toi, jeune et charmante !
Pourtant chaque soir le soleil rétrécit sa course
En voyageur pressé.
Et chaque nuit : la Petit' Ours se colle à la Grand' Ours
Sans jamais renoncer !
Premiers cheveux blancs qu'on voit dans un miroir
Dès l'automne de l'âge,
Derniers vols d'hirondelles qui sentent venir le froid
Et partent vers les plages...
C'est la rentrée, les marrons sont tombés ; les feuilles
Voltigent au vent du Nord
L'enfant tout joyeux saute, les poursuit et les cueille
En sortant de l'école,
Et des plus belles couleurs, il s'en remplit les mains,
Puis les porte à sa mère,
Qui pour ne pas décevoir, garde précieusement :
Ce trésor éphémère
Jean Claude Brinette
09:29 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
lundi, 06 août 2007
Poême...Au pays des....
Au Pays des étoiles,
Il y avait un enfant malheureux sur la terre,
il est vrai qu'il avait perdu son père, sa mère.
L'espace sidéral étant son seul recours,
Là-bas, il décida d'aller chercher l'amour.
Il entreprit alors le dernier des voyages,
Après avoir longtemps marché sur les nuages.
J'ouvre la porte qui mène au ciel, moi, le terrien,
Ma religion, me dites-vous ? je n'en sais rien.
Toutes disaient qu'il faut par un amour sans fin,
Aider les autres, pourquoi alors suis-je mort de faim ?
J'ai eu très soif de justice et de liberté,
Rejeté par ces hommes parlant d'égalité.
Parmi tous ces riches avares sans pareil,
La richesse des pauvres était dans leur sommeil.
Pas un regard, pas même un serrement de main,
Des illusions, des fantasmes, sans lendemain.
Ventre vide, mes larmes étaient cette lumière,
Qui lentement m'aura conduit au cimetière.
Alors, voilà, je viens au ciel sans aucun voile,
Y a-t-il à manger... au pays des étoiles ?
Serge Armengol
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samedi, 04 août 2007
J'arrive ou je suis étranger
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
Un jour tu passes la frontière
D'où viens-tu mais où vas-tu donc
Demain qu'importe et qu'importe hier
Le coeur change avec le chardon
Tout est sans rime ni pardon
Passe ton doigt là sur ta tempe
Touche l'enfance de tes yeux
Mieux vaut laisser basses les lampes
La nuit plus longtemps nous va mieux
C'est le grand jour qui se fait vieux
Les arbres sont beaux en automne
Mais l'enfant qu'est-il devenu
Je me regarde et je m'étonne
De ce voyageur inconnu
De son visage et ses pieds nus
Peu a peu tu te fais silence
Mais pas assez vite pourtant
Pour ne sentir ta dissemblance
Et sur le toi-même d'antan
Tomber la poussière du temps
C'est long vieillir au bout du compte
Le sable en fuit entre nos doigts
C'est comme une eau froide qui monte
C'est comme une honte qui croît
Un cuir à crier qu'on corroie
C'est long d'être un homme une chose
C'est long de renoncer à tout
Et sens-tu les métamorphoses
Qui se font au-dedans de nous
Lentement plier nos genoux
O mer amère ô mer profonde
Quelle est l'heure de tes marées
Combien faut-il d'années-secondes
A l'homme pour l'homme abjurer
Pourquoi pourquoi ces simagrées
Rien n'est précaire comme vivre
Rien comme être n'est passager
C'est un peu fondre comme le givre
Et pour le vent être léger
J'arrive où je suis étranger
LOUIS ARAGON
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mardi, 17 juillet 2007
Citations:
"L'histoire est un prophète qui regarde en arrière."
Heinrich Heine
~
"Dans les temps de révolution, on ne trouve d'habileté que dans la hardiesse, et de grandeur que dans l'exagération."
Charles Maurice de Talleyrand-Périgord
~
"Un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre."
Winston Churchill
~
"La liberté ne consiste pas à avoir un bon maître, mais à n’en point avoir."
Cicéron
~
"Les libertés ne se donnent pas, elles se prennent."
Pierre Kropotkine
~
"La vie est un sommeil, l'amour en est le rêve, Et vous aurez vécu, si vous avez aimé."
Alfred de Musset
11:56 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
samedi, 02 juin 2007
Des roses roses
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie
.
20:05 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mercredi, 23 mai 2007
Les deux jardiniers
Les deux jardiniers
~
Deux frères jardiniers avaient par héritage
Un jardin dont chacun cultivait la moitié ;
Liés d'une étroite amitié,
Ensemble ils faisaient leur ménage.
L'un d'eux, appelé Jean, bel esprit, beau parleur,
Se croyait un très grand docteur ;
Et Monsieur Jean passait sa vie
A lire l'almanach, à regarder le temps
Et la girouette et les vents.
Bientôt, donnant l'essor à son rare génie,
Il voulut découvrir comment d'un pois tout seul
Des milliers de pois peuvent sortir si vite ;
Pourquoi la graine du tilleul,
Qui produit un grand arbre, est pourtant plus petite
Que la fève qui meurt à deux pieds du terrain ;
Enfin par quel secret mystère
Cette fève qu'on seme au hasard sur la terre
Sait se retourner dans son sein,
Place en bas sa racine et pousse en haut sa tige.
Tandis qu'il rêve et qu'il s'afflige
De ne point pénétrer ces importants secrets,
Il n'arrose point son marais ;
Ses épinards et sa laitue
Sechent sur pied ; le vent du nord lui tue
Ses figuiers qu'il ne couvre pas.
Point de fruits au marché, point d'argent dans la bourse ;
Et le pauvre docteur, avec ses almanachs,
N'a que son frère pour ressource.
Celui-ci, dès le grand matin,
Travaillait en chantant quelque joyeux refrain,
Béchait, arrosait tout du pêcher à l'oseille.
Sur ce qu'il ignorait sans vouloir discourir,
Il semait bonnement pour pouvoir recueillir.
Aussi dans son terrain tout venait à merveille ;
Il avait des écus, des fruits et du plaisir.
Ce fut lui qui nourrit son frère ;
Et quand Monsieur Jean tout surpris
S'en vint lui demander comment il savait faire :
Mon ami, lui dit-il, voici tout le mystère :
Je travaille, et tu réfléchis ;
Lequel rapporte davantage ?
Tu te tourmentes, je jouis ;
Qui de nous deux est le plus sage ?~
~
Jean Pierre Claris de Florian
23:46 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
samedi, 19 mai 2007
Vos enfants
Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles
de l'appel de la Vie à elle-même,
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et, bien qu'ils soient avec vous,
ils ne vous appartiennent pas.
Vous pouvez leur donner votre amour
Mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps
Mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain,
Que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d'être comme eux,
Mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière,
Ni ne s'attarde avec hier.
Vous êtes les arcs par qui vos enfants,
Comme des flèches vivantes, sont projetés.
L'Archer voit le but sur le chemin de l'infini,
Et
Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches
Puissent voler vite et loin.
Que votre tension par la main de l'Archer
soit pour la joie
Car, de même qu'il aime la flèche qui vole,
Il aime l'arc qui est stable.
~
Khalil Gibran
18:30 Publié dans Poésies | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 02 mai 2007
Le mois de Mai est le mois de Marie
Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là.
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,
Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées,
Parce que vous m'avez sauvé, parce que vous avez sauvé la France,
Parce qu'elle aussi, comme moi, pour vous fut cette chose à laquelle on pense,
Parce qu'à l'heure où tout craquait, c'est alors que vous êtes intervenue,
Parce que vous avez sauvé la France une fois de plus,
Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
parce que vous êtes là pour toujours, simplement parce que vous êtes Marie, simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Paul Claudel
(extrait de "La Vierge à midi", Poèmes de Guerre, N.R.F., 1914-1915
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